Changements sémantiques :
Maintien du sens : certains items ont gardé leur sens original. C’est le cas de la majorité des emprunts.
Restriction du sens : certains emprunts peuvent voir leur sens original restreint à un sens spécifique ou spécialisé : farinya : farine de manioc (et non farine), osupu : bouillon de poisson (et non soupe).
Elargissement du sens : il se fait par des connotations supplémentaires : putu (du portugais Porto) : Portugais, maïs ; dolè (de l'anglais dollar ou de l'allemand thaller) : pièce de monnaie, argent ; nchozo (de l’anglais shoes : chaussures) : chaussures, traces de pas...
Dérivation sémantique (changement de sens) : bèdi (de l’anglais bed : lit) : chambrette ; fatu (du portugais fato : vêtements) : chaussettes...
Changement par métaphore : diso (du français dix sous) : chique ou puce pénétrante (sarcopsylla penetrans) ; é ben mon vieux : chute de cheveux sur le front dûe au tressage (expression récente).
Changements morphologiques :
Les emprunts sont intégrés dans la structure grammaticale de la langue emprunteuse. L’omyènè étant une langue à classes, les emprunts ont été intégrés dans un genre donné, par l’adjonction d’un préfixe qui détermine leur appartenance à une classe. Ex. ivoka/avoka (préfixe singulier i/pluriel a) : avocat ; ovoka/ivoka (préfixe singulier o/pluriel i) : avocatier.
Changements phonologiques :
L’emprunt implique toujours au moins au départ, une tentative pour copier la forme ou le trait étranger. Pour cela le locuteur substitue les sons de sa langue qui sont les plus proches de ceux de l’autre langue.
Pour simplifier, je dirai simplement que :
- en omyènè les sons "u" et "eu", entre autres, n’existent pas, et ils ont été systématiquement remplacés par les sons les plus proches : "i" pour l’un et "è" pour l’autre. Ex. : buffet = bifè, soeur = sèri... De même pour le son "ch" (entre autres) qui se réalise "s".
- les mots se terminant par une consonne (forme -VC) ont été transformés de façon à avoir une finale vocalique. L'utilisation de la finale en /i/ domine : gaz = gazi, pipe = pipa.
- dans les groupements de consonnes (forme -CC-) deux solutions ont été trouvées par les locuteurs Myènè : une voyelle intercallaire a été placée entre les consonnes pour obtenir la forme -CVC-, la voyelle utilisée étant le plus souvent le /i/ : slip = silipi, bleu = bilo... ou une des deux consonne était retirée : minister = minisè...
Ceci ne sont que des généralités, très simplifiées. Il existe de nombreux autres changements et mécanismes de changement.